Nanoparticules : les manquements des fabricants

Vous avez certainement entendu parler des nanoparticules ou encore nanomatériaux.

Il s’agit d’objets infiniment petits : de taille inférieure à 100 nanomètres environ.

On retrouve des nanoparticules quasiment partout :

  • air (les fameuses « particules fines » PM* 2.5)
  • eau (dans les eaux usées)
  • alimentation
  • cosmétiques
  • médicaments…

Des études montrent qu’elles peuvent avoir des effets négatifs sur notre santé et l’environnement.

« Les études toxicologiques démontrent clairement que la très petite taille des nanoparticules est un élément-clé au niveau de la toxicité, surtout au niveau des particules non ou peu solubles […] les propriétés de surface, la capacité à induire des radicaux libres ou à libérer certains ions peuvent également influer substantiellement sur la toxicité. Plusieurs effets pulmonaires ont été documentés dont la capacité de certaines nanoparticules à induire des granulomes pulmonaires. Les données actuellement disponibles semblent indiquer par ailleurs que l’absorption cutanée serait relativement limitée » (source : Ostiguy et al., février 2006).

Depuis juillet 2013, les fabricants sont obligés d’indiquer la présence de nanoparticules dans la liste des ingrédients avec la mention [nano] .

Malheureusement, cette règle n’est pas suivie par tous.

L’UFC-Que choisir a analysé 16 produits alimentaires et cosmétiques en laboratoire. Résultat : 8 produits n’ont pas signalé la présence de nanomatériaux alors qu’ils en contiennent.

Concernant les cosmétiques, voici le résultat :

  • Lavera crème solaire 100% minérale SPF 30 : 100% de nanoparticules dans le filtre solaire dioxyde de titane (Titanium dioxide)
  • Avène Cold Cream stick lèvres nourrissant : 100% de nanoparticules dans le dioxyde de titane (Titanium dioxide CI 77891)
  • Aquafresh Dentifrice triple protection + blancheur : 40% de nanoparticules dans le dioxyde de titane (Titanium dioxide)
  • Bourjois Gloss effet 3D-33 brun poetic : 100% de nanoparticules dans l’oxyde de fer (Iron oxides CI 77491)
  • Sanex Nature Protect 48h déodorant : 31% de nanoparticules dans l’oxyde d’aluminium (Potassium alum)

Lavera, une marque pourtant bio, fait partie des mauvais élèves avec sa crème solaire.

L’UFC-Que choisir a donc porté plainte contre les marques des produits listés ci-dessus afin qu’elles délivrent au consommateur une information claire sur leurs emballages.

La DGCCRF a également analysé des produits :

  • sur 40 cosmétiques, 35 ont révélé la présence de nanoparticules,
  • sur 74 produits alimentaires, 29 ont révélé la présence de nanoparticules.

Seul un produit a mentionné tous les nanomatériaux qu’il contenait.

Comment reconnaître les nanoparticules ?

Ce sera très compliqué d’éviter les nanoparticules présentes dans l’air et dans l’eau. Ce sera également très compliqué de les éviter dans les médicaments si vous devez absolument vous soigner : le Dafalgan contient du dioxyde de titane par exemple.

En revanche, pour les cosmétiques et l’alimentation, vous pouvez :

  • déchiffrer les étiquettes : E171 (dioxyde de titane), E172 (oxyde de fer), E170 (carbonate de calcium),  E550 (silicate de sodium), E551 (dioxyde de silicium),
  • vérifier le produit alimentaire que vous souhaitez manger ici : infonano.agirpourlenvironnement.org
  • cuisiner avec des produits non transformés
  • fabriquer vos propres cosmétiques (en faisant attention aux ingrédients)
nanoparticules bonbons
Confiseries

 

La DGCCRF devrait renforcer ses contrôles cette année.

 

*PM= Particulate Matter (en), matières particulaires

2 Replies to “Nanoparticules : les manquements des fabricants”

  1. Je me demande comment les fabricants de ses produits arrivent à dormir 🙁

    1. Je me pose la même question Inès 🙁

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